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1_ Shivers Only

November 8-22, 2017, LAPAIX, 10-12 rue de la Paix, Paris

Alfredo Aceto, Iván Argote, Mohamed Bourouissa, Antoine Donzeaud, Julien Goniche, Angélique Heidler, Thomas Mailaender, Hubert Marot, Naoki Sutter-Shudo

 




































Thomas Mailaender, La Carotte, 2016
Hide of an immature bull printed with Prussian blue and pigments, plastic and stainless-steel frame




Antoine Donzeaud, Ordinary Objects for Common Use (Collarbone), 2016
Silkscreen print on tarp, polythene, wool, spray and rivets




Hubert Marot, Wishing, 2017
TV, video: 2’57’’, sound, loop




Mohamed Bourouissa, Mirror, 2016
Black and white silver print on car body part




Julien Goniche, Artist with flowers, 2017
Inkjet print on plastic




Iván Argote, Vivo y muero por ti, 2017
Laser cuting on documents, posters and books, neodymium magnets, vernished steel structure






Naoki Sutter-Shudo, Smoky (1913) & Smoky (1885), 2017
C-print, wood, enamel




Angélique Heidler, «Ronaaaallld..!», dit-elle, d’un air navré. Et à la fois, ça l’amusait., 2017
Acrylic, oil, gel and digital print collage on sawn canvas and printed fabrics




Julien Goniche, Artist On A Wooden Table, 2017
Inkjet print on plastic




Alfredo Aceto, Re-Mental landscape II, 2016
Zinc plate, steel and glass




Shivers Only @ LAPAIX, Paris

« Sur mon sentier, ce matin, un gravier s’est encore coincé dans ma chaussure. Je n’ai pas eu la force de le retirer, et parce que je n’avais rien à faire d’autre que de le sentir sous ma plante, quand les autres crissaient sous mes semelles, je l’ai gardé jusqu’au bagnard. À force d’expérience et sans même l’avoir vu, j’aurais dit qu’il était de taille à peu près moyenne. C’est à dire trop gros pour pouvoir se faire oublier dans un coin de la chaussure, et trop petit pour empêcher tout à fait de marcher sans voir une larme se dessiner sous l’œil. Je le sentais, sous mon pied, silencieux, écarté de sa troupe qui crie en liesse. Après quelques kilomètres voilà qu’il se mit à me déranger profondément. La douleur n’était pas vive, mais plutôt psychologique. Parce que je le savais calé tranquillement dans ma chaussure, mon esprit était soudain incapable d’envisager quelque chose d’autre. Chacune de mes pensées se terminait maintenant pour ce caillou. (...) Le gravats n’était pas heureux d’être là, blotti contre mon corps. Si proche de moi. Si proche de mes pensées. Si proche de tous ces abrutis. Nous partagions donc déjà quelque chose. Si je disais que le caillou me manque, tout le monde me prendrait pour un fou. (...) Oui, je crois que le caillou me manque. Hier, sur le chemin du retour, je l’ai rendu aux siens. »

(extract from Gris Couleur Pierre) M. L. Peck